Relais des vignerons

La région du Beaujolais

Sur 55 Km du sud au nord, le vignoble beaujolais est enserré entre Lyon et Mâcon. Appuyé à l’ouest sur les derniers contreforts du Massif central, il glisse, à l’est, sur la plaine de la Saône. De fait, ce vignoble de coteaux forme un tapis serré dont les teintes varient au gré des saisons. Accrochés aux pentes douces, les ceps ne sont jamais cultivés en plaine pour ne rien perdre de l’excellent ensoleillement et de la luminosité que procure leur exposition, tout en profitant de sols de qualité.

Orientés globalement du nord-est au sud-ouest, les rangs de vigne couvrent les monts du Beaujolais à une altitude moyenne de 300 m, sous des sommets qui culminent à 1 000 m. Influencée par cette topographie où l’eau abonde, la viticulture beaujolaise répond surtout de caractéristiques géologiques singulières : des terrains argilo-calcaires et gréseux peu profonds au sud, des sols cristallins légers et acides sur les hauteurs et granitiques, au nord.

On les dit d’un tempérament rebelle ? Les vignerons beaujolais ont en réalité l’âme attentionnée et le cœur vif sitôt qu’ils s’adressent à leurs vignes. La densité de ces dernières est l’une des plus fortes du monde : de 13 000 à 7 000 pieds à l'hectare, autorisés par décret depuis quelques années à descendre jusqu’à 6 000 pieds dans un souci qualitatif toujours présent. Les soins sont réguliers au fil des saisons. De la taille courte ou longue selon les appellations durant l’hiver, aux labours et dé buttage annonciateurs du printemps afin d’ôter les mauvaises herbes, les vignerons conduisent leurs plants vers le meilleur.

Un travail qui trouve son apogée lors des vendanges. Près de 40 000 vendangeurs viennent prêter main forte aux vignerons et ramasser le raisin, car dans le Beaujolais, les vendanges ne sont que très rarement mécanisées. Tous ont le dos courbé, les mains fatiguées mais l’humeur réjouie par le partage de la table, la connaissance du vin, les amitiés nouées. Triés manuellement à la vigne ou à leur arrivée à la cave, les grains les plus beaux gagneront les cuves pour le début de la fermentation. Et si le ban des vendanges n’ordonne plus le versement des dîmes et taxes du XIIIe siècle, il donne encore le top départ du millésime.

Cépage unique, le Gamay noir à jus blanc nourrit la création de 12 appellations : les «Beaujolais» et «Beaujolais villages», déclinés pour grande partie en vin primeur à travers le Beaujolais nouveau et le Beaujolais-villages nouveau, et 10 crus indexés à leurs terroirs.

Les "tendres" : Chiroubles, Fleurie et Saint-Amour, comme les "robustes" : Brouilly, Côte de Brouilly, Juliénas, Régnié, Chénas, Morgon et Moulin-à-Vent sont souvent caractérisés par des arômes de fruits rouges, de groseille et d'épices, une longueur en bouche intense qui se découvre lorsque ces vins "ont fait leurs Pâques" et bénéficié de quelques mois d’élevage avant la mise en bouteille.